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Pour une pédagogie du bon sens

dimanche 3 novembre 2013, par Silvestre Baudrillart

Pourquoi l’enseignement « officiel » oublie-t-il si souvent les règles du bon sens, qui doivent présider à toute saine pédagogie ?

  • On apprend mieux si les leçons précèdent les exercices.

Si l’on explique d’abord les leçons en classe, et qu’on les fait apprendre, les exercices se font comme l’application d’une règle, et répondent à un besoin de l’esprit. Si on demande au contraire de faire les exercices comme une découverte, l’esprit ne progresse pas.

  • On apprend mieux si le cours est bien structuré (en définitions, exemples et méthodes)

Si le cours comprend des règles, suivies d’exemples, suivis de méthodes de résolution des problèmes, tout devient plus facile à appliquer, et donc plus fructueux pour l’esprit. Cette méthode simple peut se pratiquer dans un grand nombre de matières.

  • On apprend mieux si les exercices et les interrogations sont fréquents.

L’esprit a besoin d’un travail régulier. Les exercices poussent à étudier les leçons plus à fond : pour bien faire un exercice, il vaut mieux avoir compris et assimilé la leçon avant. Mieux encore si on l’a apprise... Et la proximité de l’interrogation est un motif puissant d’apprentissage.

  • On progresse si les travaux poussent à la réflexion.

Un travail pousse à la réflexion s’il met en jeu, simultanément, diverses compétences de bon niveau. C’est le cas d’un devoir de mathématiques qui intègre plusieurs chapitres, ou d’une rédaction qui permet de mettre en œuvre divers types de compétences. On peut en dire autant d’une version latine ou anglaise.

  • On progresse si l’on va vers la rigueur et la précision.

L’apprentissage par cœur des définitions et des théorèmes, comme celui des poèmes, pousse à l’usage du mot précis et du vocabulaire technique approprié. La justification des raisonnements, en géométrie par exemple, conduit à la rigueur du langage.

  • On progresse si le cours pousse à la découverte du Vrai, du Beau et du Bien.

L’esprit est naturellement séduit par les vraies valeurs. Si le professeur se fait l’ambassadeur de la culture, des textes classiques, de la beauté et de l’idéal moral, l’attirance sera spontanée. Les mêmes raisons qui ont fait le succès de ces œuvres dans le passé continueront à les produire. Expliquons-les ! Les grandes œuvres sont porteuses de grandes valeurs, et c’est le désir et l’honneur des professeurs que d’amener les élèves à les découvrir.