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Les Neuf Fondamentaux de l’éducation

mercredi 7 novembre 2012, par Silvestre Baudrillart

Yannik BONNET, Presses de la Renaissance, 2003

Polytechnicien et docteur en Chimie, Yannik Bonnet a exercé pendant plus de 20 ans d’importantes responsabilités chez Rhône-Poulenc. Il a ensuite dirigé pendant onze ans l’Ecole supérieure de chimie de Lyon, avant de créer sa propre entreprise de conseil en management. Père de sept enfants, il est veuf depuis 1995 et a été ordonné prêtre en 1999. Il a notamment publié Le Défi éducatif (1989).

1ère PARTIE – GENERALITES SUR L’EDUCATION

1. Education – Educateur - Eduqué

L’être humain est doté d’un libre arbitre qui pilote à la fois son intelligence et sa volonté. Le corps, la société, la sensibilité conditionnent l’esprit. Le caractère, les gênes, le milieu et l’histoire personnelle façonnent la personne, sans la déterminer pour autant : elle reste libre. Eduquer un enfant, c’est lui apprendre à se servir de son libre arbitre, et à connaître ses conditionnements, pour accéder au meilleur de lui-même. L’éducateur conditionne, mais en vue de sa propre disparition.

L’éducateur guide l’éduqué dans sa recherche du bonheur, lui apprend à trouver un sens à sa vie. L’autorité, dont il use, est un « pouvoir qui aide à grandir », une violence issue de l’amour. Cet amour n’est pas effusion de sentiments, mais « vouloir le bien d’autrui » : il conduit parfois à dire des vérités peu agréables. Montrer le bon exemple. La base de la relation est la confiance.

2. L’action éducative et ses règles

L’éducation se déploie dans le temps.
- 1er niveau, une philosophie de l’action, immuable.
- 2nd niveau : une politique d’action, mettant en place des objectifs qualitatifs sur quelques années.
- 3e niveau : une stratégie, de moyen terme.
- 4e niveau : une tactique à court terme, adaptable.
- 5e niveau : le présent immédiat.
- L’éducation est morale, sans être moralisatrice : elle vise au vrai et au bien. L’affectivité est au 2nd plan.

3. Universalité, globalité et unité du projet éducatif

Universalité : le projet éducatif est valable pour tous. Globalité : il prend en compte toutes les facettes de la personne humaine. Unité : ses trois champs (développement de la personne, sa socialisation, et sens de la vie) se complètent.

2e PARTIE – LE PROJET EDUCATIF

1. Le développement de la personnalité

-  1er fondamental :
-  Favoriser la confiance en soi de l’éduqué
- La confiance en soi n’est pas purement psychologique : la fonder sur une valeur réelle. Aimer l’enfant. S’intéresser à ses points forts ; les renforcer. Voir aussi les faiblesses. Le suivre scolairement, l’intéresser assez tôt à sa profession future, par le dialogue. Ne pas le gaver d’informations, lui apprendre à se vaincre, à surmonter les échecs.

-  2e : Former l’éduqué à la maîtrise de l’angoisse
- Le stress est trop fréquent. L’éduqué doit apprendre à gérer le risque que toute vie comporte. Faire parler l’enfant pour faire émerger ses angoisses, lui poser des questions, l’écouter : qu’il décharge son affectivité et structure sa rationalité. Qu’il reconnaisse humblement son incompétence. Les inquiétudes relèvent souvent de l’imaginaire, mais ont parfois une cause objective.

-  3e : Apprendre à l’éduqué l’usage de l’autonomie
- Lui apprendre d’abord à exécuter des tâches très simples, à gérer son temps : lui fixer des missions, et des limites. Les règles doivent être claires. La loi et la morale fixent des cadres. Transgresser un interdit, c’est une faute : la punir, mais ne pas punir l’erreur.

2. Socialisation de la personne

-  4e : Accepter les règles, contraintes et interdits
- Quand le nouveau-né hurle, ne pas se laisser manipuler par ses humeurs. Ensuite, discerner les caprices, résister aux colères. Fermeté : le parent indulgent veut souvent donner une bonne image de lui-même. Savoir qu’il y a un âge du « non ». L’enfant doit vivre le respect sans qu’on ait besoin de le raisonner. N’être ni libertaire ni rigide.

-  5e : La reconnaissance de l’autre
- Apprendre à reconnaître les autres dans leur singularité. L’enfant ne doit pas se comparer. Comparer les performances, non les enfants. La tolérance, respect des personnes, n’empêche pas la critique des actes. Si l’éducateur respecte l’enfant, l’enfant suivra l’exemple.

-  6e : La participation au bien commun
- En suivant les étapes de l’autonomie, savoir féliciter l’enfant et le remercier d’avoir servi. Parler à l’enfant de l’intérêt qu’il a à participer au bien commun de « sa » petite cellule : famille, classe, équipe.

3. Le sens de la vie, ou la finalisation de la personne

-  7e : Le travail peut-il donner un sens à la vie ?
- Redonner au travail sa noblesse : dominer et humaniser la création. Montrer que nous aimons notre travail. Donner, à la maison, le goût du travail bien fait. Faire pratiquer des travaux manuels et donner le goût du travail intellectuel.

-  8e : L’amitié, l’amour vrai donnent un sens
- Les parents doivent montrer qu’ils s’aiment. Enseigner que le corps n’est pas au 1er plan ; l’amour n’est pas réductible aux sentiments. Aimer, c’est tout donner : générosité. Expliquer l’importance de la morale en amour, et les limites de la passion.

-  9e : Et Dieu, dans tout cela ?
- Parler de la mort aux enfants, en leur donnant la réponse chrétienne : la résurrection. De même pour le problème du mal et de la souffrance.

N.B. L’éducation chrétienne est présentée dans le livre de façon embryonnaire. On pourrait mentionner : la piété à la maison, apprendre à prier au berceau, dans sa chambre, et aussi en famille et en voyage. Parler fréquemment de Dieu et de son rôle dans nos vies.

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