Accueil du site > 6. Littérature > 61. Anthologie > L > LA TOUR DU PIN Patrice de (1911-1975)

LA TOUR DU PIN Patrice de (1911-1975)

Dernier ajout : 24 avril 2014.

Articles de cette rubrique

  • L’auberge

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Il était de passage, il le savait déjà, Dans le temps qui passait pour tenir ce qui passe, Mais qu’a-t-on jamais pu saisir qui ne passât ? Tout ce qu’il contemplait n’était pas à l’espace, Et pourtant devant lui, tout l’espace était là. Le lit de l’Éternel remplissait l’éphémère, Sans cesse y demeurant sans jamais s’arrêter, Il l’atteignait enfin, et voyait, projeté De ce contre-courant fatal de la lumière, Le jour du Sanctuaire où le Saint habitait. Tant qu’il ne serait pas chargé d’intolérable, Ni réduit au (...)

  • Légende

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Va dire à ma chère Ile, là-bas, tout là-bas, Près de cet obscur marais de Foulc, dans la lande, Que je viendrai vers elle ce soir, qu’elle attende, Qu’au lever de la lune elle entendra mon pas. Tu la trouveras baignant ses pieds sous les rouches, Les cheveux dénoués, les yeux clos à demi, Et naïve, tenant une main sur la bouche, Pour ne pas réveiller les oiseaux endormis. Car les marais sont tout embués de légende, Comme le ciel que l’on découvre dans ses yeux, Quand ils boivent la (...)

  • Enfants de septembre

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    à Jules Supervielle. Les bois étaient tout recouverts de brumes basses, Déserts, gonflés de pluie et silencieux ; Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent Les Enfants Sauvages, fuyant vers d’autres cieux, Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l’espace J’avais senti siffler leurs ailes dans la nuit, Lorsqu’ils avaient baissé pour chercher les ravines Où tout le jour, peut-être, ils resteront enfouis ; Et cet appel inconsolé de sauvagine Triste, sur les marais que (...)

  • Amphise

    24 avril 2014, par Silvestre Baudrillart

    Je sortais de moi lentement, Je fus pris dans un beau vent souple Chaud comme un naseau de jument Et velouté comme sa croupe. Et tous les regards forestiers, Perles de givre dans les branches Ou tapis comme les pervenches Me regardaient qui m’éloignais. Ils m’en voulaient de cette fuite, Car j’abandonnais ma forêt Intime et sourcilleuse et triste Pour un beau vent bien moins secret. Ils me reprochaient mon envol, Leurs yeux me perçaient durement, Mais le vent baissa (...)