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HÉRÉDIA José-Maria de (1842-1905)

Dernier ajout : 30 avril 2015.

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  • Les conquérants

    30 avril 2015, par Silvestre Baudrillart

    Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde Occidental. Chaque soir, espérant des lendemains épiques, L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ; Ou penchés à (...)

  • Après Cannes

    30 avril 2015, par Silvestre Baudrillart

    Un des consuls tué, l’autre fuit vers Linterne Ou Venuse. L’Aufide a débordé, trop plein De morts et d’armes. La foudre au Capitolin Tombe, le bronze sue et le ciel rouge est terne. En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne Et consulté deux fois l’oracle sibyllin ; D’un long sanglot l’aïeul, la veuve, l’orphelin Emplissent Rome en deuil que la terreur consterne. Et chaque soir la foule allait aux aqueducs, Plèbe, esclaves, enfants, femmes, vieillards caducs Et tout ce que vomit Subure et (...)

  • Vitrail

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Cette verrière a vu dames et hauts barons Étincelants d’azur, d’or, de flamme et de nacre, Incliner, sous la dextre auguste qui consacre, L’orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ; Lorsqu’ils allaient, au bruit du cor ou des clairons, Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre, Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d’Acre, Partir pour la croisade ou le vol des hérons. Aujourd’hui, les seigneurs auprès des châtelaines, Avec le lévrier à leurs longues poulaines, (...)

  • Soleil couchant

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    Les ajoncs éclatants, parure du granit, Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ; Au loin, brillante encor par sa barre d’écume, La mer sans fin commence où la terre finit. A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume. Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume, A la vaste rumeur de l’Océan s’unit. Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes, Des landes, des ravins, montent des voix lointaines De pâtres attardés ramenant le bétail. (...)

  • Brise marine

    18 décembre 2011, par Silvestre Baudrillart

    L’hiver a défleuri la lande et le courtil. Tout est mort. Sur la roche uniformément grise Où la lame sans fin de l’Atlantique brise, Le pétale fané pend au dernier pistil. Et pourtant je ne sais quel arome subtil Exhalé de la mer jusqu’à moi par la brise, D’un effluve si tiède emplit mon coeur qu’il grise ; Ce souffle étrangement parfumé, d’où vient-il ? Ah ! Je le reconnais. C’est de trois mille lieues Qu’il vient, de l’Ouest, là-bas où les Antilles bleues Se pâment sous l’ardeur de l’astre occidental ; (...)