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Jean de la Croix (1542-1591)

Dernier ajout : 27 octobre 2015.

Articles de cette rubrique

  • Sur l’évangile In principio erat Verbum

    27 octobre 2015, par Silvestre Baudrillart

    1 Dans le principe demeurait le Verbe, et en Dieu il vivait, en qui sa félicité infinie il possédait. Le Verbe lui-même était Dieu, puisque le principe il se disait. Il demeurait dans le principe, et n’avait pas de principe. Il était le principe même ; pour cela il n’en avait pas. Le Verbe se nomme Fils, puisqu’il naissait du principe. Il l’a toujours conçu et toujours il le concevait. Il lui donne toujours sa substance et toujours il se la gardait. Et ainsi, la (...)

  • A lo divino

    27 octobre 2015, par Silvestre Baudrillart

    En quête d’un élan amoureux, et ne manquant pas d’espérance, je volai si haut, si haut, que j’atteignis ce que je chassais. 1. Pour que je puisse atteindre (5) à cet élan divin, il me fallut tellement voler que je me perde de vue ; et pourtant en ce transport en mon vol je restai court ; (10) mais l’amour fut si haut, que j’atteignis ce que je chassais. 2. Quand plus haut je m’élevais, ma vue était éblouie, et la plus forte conquête (15) à l’obscur se faisait ; mais, (...)

  • Je vis sans vivre en moi

    27 octobre 2015, par Silvestre Baudrillart

    Je vis sans vivre en moi et de telle manière j’espère que je meurs de ne pas mourir. 1. En moi je ne vis plus, et sans Dieu vivre ne puis ; (5) car sans lui et sans moi demeurer, cette vie que sera-t-elle ? Mille morts elle me vaudra, puisque ma vie même j’espère, mourant de ne pas mourir.(10) 2. Cette vie que je vis est privation de vivre ; et ainsi c’est une mort continuelle jusqu’à ce que je vive avec toi. Entends, mon Dieu, ce que je dis, (15) que cette vie je ne la (...)

  • Ô vive flamme d’amour

    27 octobre 2015, par Silvestre Baudrillart

    1. Ô vive flamme d’amour, qui tendrement blesses de mon âme dans le centre le plus profond car désormais tu n’es plus cruelle, achève si tu veux, brise la toile de cette douce rencontre. 2. Ô cautère délectable ! Ô savoureuse plaie ! Ô douce main, ô touche délicate qui sent la vie éternelle et paie toute dette ; en tuant, la mort tu l’as changée en vie. 3. Ô flambeaux de feu dans les splendeurs de qui les profondes cavernes du sens, qui était obscur et aveugle avec de (...)

  • Nuit

    27 octobre 2015, par Silvestre Baudrillart

    Par une nuit obscure Ardente d’un amour plein d’angoisses, Oh ! l’heureuse fortune ! Je sortis sans être vue, Ma maison désormais en repos. A l’obscur et en assurance, Par l’échelle secrète, déguisée, Oh ! l’heureuse fortune ! A l’obscur et en cachette, Ma maison désormais en repos. Au sein de la nuit bénie, En secret - car nul ne me voyait, Ni moi je ne voyais rien - Sans autre lueur ni guide Hormis celle qui brûlait en mon coeur. Et celle-ci me guidait, Plus sûre que celle du midi, Où Celui-là (...)