Silvestre Baudrillart est professeur de français et de latin dans un lycée de la région parisienne. Il nous livre sur son site quelques réflexions personnelles sur la littérature, la conjugaison, l’enseignement, l’éducation...

Derniers articles

  • Sonnet d’excuses

    2 décembre, par Silvestre Baudrillart

    Monsieur le Professeur, acceptez mes excuses :
    Il est vrai, j’ai parlé, je l’avoue, j’en conviens ;
    Vous m’aviez averti, et je le savais bien,
    Celui qui parle en cours est une triple buse.
    Mais s’excuser en vers, est-ce une bonne ruse ?
    Composer un sonnet, est-ce un juste moyen ?
    Est-ce la punition du pauvre collégien,
    Si rédiger des vers, au fond, cela l’amuse ?
    De cette sanction je vais tirer profit
    Et quelque vanité auprès de mes amis,
    Sans que finalement, de ce moment lyrique,
    Je me sente puni (...)

  • Chantons Noël

    30 novembre, par Silvestre Baudrillart

    Il y a deux mille ans,
    La nuit était profonde,
    Et l’ombre sur le monde
    Durait depuis longtemps.
    Le péché et la haine
    Poursuivaient leur chemin,
    En un cycle sans fin
    De douleur et de peine.
    Mais un chant éclata
    Aux lueurs des étoiles,
    Et sous ce sombre voile
    Retentit le Gloria !
    Cieux, qu’éclate la gloire !
    Gloire au Verbe de Dieu !
    Gloire au plus haut des cieux !
    Chantons notre victoire !
    Un Fils nous est donné :
    Du Salut c’est le signe ;
    Son pouvoir est insigne ;
    Un Sauveur nous est né !
    Dans (...)

  • Adieux à la lande

    30 novembre, par Silvestre Baudrillart

    La mer fuit et l’écume tremble,
    La nue s’éclaircit au levant ;
    Terre, comme un oiseau, tu sembles
    T’amenuiser en t’en allant.
    Où vont les goélands en bandes,
    Vers quels rochers qu’ils ont quitté ?
    J’ai quitté ton parage, ô lande,
    Salut, terre de liberté !
    Où sont les murs, la pierre grise,
    Les arbres et les coteaux verts
    Et les maisons et les églises ?
    Tout a disparu dans la mer !
    Salut, si séduisantes landes,
    Routes où l’on aime à marcher,
    Il est loin, ton parage, ô lande,
    Salut, terre de liberté ! (...)

  • Le chef d’orchestre

    30 novembre, par Silvestre Baudrillart

    Un son naît du violon plaqué d’essences rares ;
    Il s’étire à l’archet, frémit un instant, seul,
    Il s’envole, d’un trait, du corset de tilleul
    Et dans le mouvement des sons suivants s’égare.
    La flûte en touches successives se déclare,
    Franches, douces, brèves et pleines de fraîcheur,
    Graves ou gaies, sans demi-teinte en leur couleur,
    Comme un bateau quittant paisiblement l’amarre.
    La sinuosité du violon si lent
    Et les flots de la flûte qui s’en vont torrent,
    Comment les accorder ? Secret de la musique ! (...)

  • Mariage démocratique

    29 octobre, par Silvestre Baudrillart

    Sous l’arche hautaine De la Madeleine Les agents contiennent Le peuple brutal Les cloches bourdonnent Le grand orgue sonne La maîtrise entonne Un chant nuptial Que de touristes Que de journalistes Et de modistes Venus là pour Voir cette héritière Que Monsieur Fallière A son secrétaire Marie en ce jour Mais des équipages Se fraient un passage C’est un arrivage De gens surprenants Dames qui s’admirent Dans leur cachemire Messieurs qui transpirent A mettre leurs gants Ces gens s’avancent Plein (...)

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