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	<title>Silvestre Baudrillart</title>
	<link>http://www.silvestre-baudrillart.fr/</link>
	<description>Silvestre Baudrillart est professeur de fran&#231;ais et de latin dans un lyc&#233;e de la r&#233;gion parisienne. Il nous livre sur son site quelques r&#233;flexions personnelles sur la litt&#233;rature, la conjugaison, l'enseignement, l'&#233;ducation...</description>
	<language>fr</language>
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		<title>La Besace</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Jupiter dit un jour : &#171; Que tout ce qui respire S'en vienne compara&#238;tre aux pieds de ma grandeur. Si dans son compos&#233; quelqu'un trouve &#224; redire, Il peut le d&#233;clarer sans peur : Je mettrai rem&#232;de &#224; la chose. Venez, Singe ; parlez le premier, et pour cause. Voyez ces animaux, faites comparaison De leurs beaut&#233;s avec les v&#244;tres : &#202;tes-vous satisfait ? &#8212; Moi ? dit-il, pourquoi non ? N'ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ? Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproch&#233; ; Mais pour mon (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-LA-FONTAINE-Jean-de-1621-1695-" rel="directory"&gt;LA FONTAINE Jean de (1621-1695)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_604 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L439xH352/besace-88a48.jpg?1722002321' width='439' height='352' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Jupiter dit un jour : &#171; Que tout ce qui respire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S'en vienne compara&#238;tre aux pieds de ma grandeur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Si dans son compos&#233; quelqu'un trouve &#224; redire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il peut le d&#233;clarer sans peur :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je mettrai rem&#232;de &#224; la chose.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Venez, Singe ; parlez le premier, et pour cause.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Voyez ces animaux, faites comparaison&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De leurs beaut&#233;s avec les v&#244;tres :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#202;tes-vous satisfait ? &#8212; Moi ? dit-il, pourquoi non ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; N'ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproch&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais pour mon fr&#232;re l'Ours, on ne l'a qu'&#233;bauch&#233; :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre. &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'Ours venant l&#224;-dessus, on crut qu'il s'allait plaindre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tant s'en faut : de sa forme il se loua tr&#232;s fort ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Glosa sur l' &#201;l&#233;phant, dit qu'on pourrait encor&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ajouter &#224; sa queue, &#244;ter &#224; ses oreilles ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que c'&#233;tait une masse informe et sans beaut&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#201;l&#233;phant &#233;tant &#233;cout&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout sage qu'il &#233;tait, dit des choses pareilles :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il jugea qu'&#224; son app&#233;tit&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dame Baleine &#233;tait trop grosse.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dame Fourmi trouva le Ciron trop petit,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Se croyant, pour elle, un colosse.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jupin les renvoya s'&#233;tant censur&#233;s tous,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Du reste contents d'eux ; mais parmi les plus fous&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre esp&#232;ce excella ; car tout ce que nous sommes,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On se voit d'un autre &#339;il qu'on ne voit son prochain.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Fabricateur souverain&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nous cr&#233;a besaciers tous de m&#234;me mani&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tant ceux du temps pass&#233; que du temps d'aujourd'hui :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il fit pour nos d&#233;fauts la poche de derri&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et celle de devant pour les d&#233;fauts d'autrui.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Jean de LA FONTAINE, Fables, III, 7.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Deux Amis</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Les-Deux-Amis</link>
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		<dc:date>2022-02-06T17:00:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;LES DEUX AMIS &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux vrais amis vivaient au Monomotapa : (1) L'un ne poss&#233;dait rien qui n'appart&#238;nt &#224; l'autre : Les amis de ce pays-l&#224; Valent bien, dit-on, ceux du n&#244;tre. Une nuit que chacun s'occupait (2) au sommeil, Et mettait &#224; profit l'absence du soleil, Un de nos deux Amis sort du lit en alarme ; (3) Il court chez son intime, &#233;veille les Valets : Morph&#233;e avait touch&#233; le seuil de ce palais. L'ami couch&#233; s'&#233;tonne, il prend sa bourse, il s'arme ; Vient trouver l'autre, et dit : (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-LA-FONTAINE-Jean-de-1621-1695-" rel="directory"&gt;LA FONTAINE Jean de (1621-1695)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES DEUX AMIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux vrais amis vivaient au Monomotapa : (1)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un ne poss&#233;dait rien qui n'appart&#238;nt &#224; l'autre :&lt;br class='autobr' /&gt; Les amis de ce pays-l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt; Valent bien, dit-on, ceux du n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nuit que chacun s'occupait (2) au sommeil,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et mettait &#224; profit l'absence du soleil,&lt;br class='autobr' /&gt;
Un de nos deux Amis sort du lit en alarme ; (3)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il court chez son intime, &#233;veille les Valets :&lt;br class='autobr' /&gt;
Morph&#233;e avait touch&#233; le seuil de ce palais.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ami couch&#233; s'&#233;tonne, il prend sa bourse, il s'arme ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu&lt;br class='autobr' /&gt;
De courir quand on dort ; vous me paraissez homme&lt;br class='autobr' /&gt;
A mieux user du temps destin&#233; pour le somme :&lt;br class='autobr' /&gt;
N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En voici. S'il vous est venu quelque querelle,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai mon &#233;p&#233;e, allons. *******************&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point :&lt;br class='autobr' /&gt; Je vous rends gr&#226;ce de ce z&#232;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous m'&#234;tes en dormant un peu triste apparu ;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai craint qu'il ne f&#251;t vrai, je suis vite accouru.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce maudit songe en est la cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui d'eux aimait le mieux ? Que t'en semble, lecteur ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette difficult&#233; vaut bien qu'on la propose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'un ami v&#233;ritable est une douce chose !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il cherche vos besoins au fond de votre coeur ;&lt;br class='autobr' /&gt; Il vous &#233;pargne la pudeur (5)&lt;br class='autobr' /&gt; De les lui d&#233;couvrir vous-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; Un songe, un rien, tout lui fait peur&lt;br class='autobr' /&gt; Quand il s'agit de ce qu'il aime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eloge de la fatigue</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Eloge-de-la-fatigue</link>
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		<dc:date>2018-07-29T09:01:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine, Qu'avec cette vie que je m&#232;ne, je me ruine, Que l'on ne gagne rien &#224; trop se prodiguer, Vous me dites enfin que je suis fatigu&#233;. Oui je suis fatigu&#233;, Monsieur, et je m'en flatte. J'ai tout de fatigu&#233;, la voix, le coeur, la rate, Je m'endors &#233;puis&#233;, je me r&#233;veille las, Mais gr&#226;ce &#224; Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas. Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise. La fatigue souvent n'est qu'une vantardise. On n'est jamais aussi fatigu&#233; qu'on le croit ! (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-Lamoureux-Robert-1920-2011-" rel="directory"&gt;Lamoureux Robert (1920-2011)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'avec cette vie que je m&#232;ne, je me ruine,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que l'on ne gagne rien &#224; trop se prodiguer,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vous me dites enfin que je suis fatigu&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Oui je suis fatigu&#233;, Monsieur, et je m'en flatte.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J'ai tout de fatigu&#233;, la voix, le coeur, la rate,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je m'endors &#233;puis&#233;, je me r&#233;veille las,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais gr&#226;ce &#224; Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On n'est jamais aussi fatigu&#233; qu'on le croit !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Je ne vous parle pas des sombres lassitudes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; qu'on a lorsque le corps harass&#233; d'habitudes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; n'a plus pour se mouvoir que de p&#226;les raisons...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lorsqu'on a rien &#224; perdre, &#224; vaincre, ou &#224; d&#233;fendre...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cette fatigue-l&#224; est mauvaise &#224; entendre ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elle fait le front lourd, l'oeil morne, le dos rond.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Mais se sentir plier sous le poids formidable&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Aider une existence &#224; continuer sa course,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et pour cela se battre &#224; s'en user le coeur...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cette fatigue-l&#224;, Monsieur, c'est du bonheur.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Et s&#251;r qu'&#224; chaque pas, &#224; chaque assaut qu'on livre,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On va aider un &#234;tre &#224; vivre ou &#224; survivre ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et s&#251;r qu'on est le port et la route et le quai,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; O&#249; prendrait-on le droit d'&#234;tre trop fatigu&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ceux qui font de leur vie une belle aventure,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Parmi tant d'autres creux il passe inaper&#231;u.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est le prix d'une journ&#233;e d'efforts et de luttes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on re&#231;oit.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est le prix d'un travail, d'une journ&#233;e remplie,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J'&#233;coute mes sommeils, et l&#224;, je me sens fort ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je me sens tout gonfl&#233; de mon humble souffrance,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et ma fatigue alors est une r&#233;compense.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Et vous me conseillez d'aller me reposer !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais si j'acceptais ce que vous me proposez,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Si je m'abandonnais &#224; votre douce intrigue...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Robert Lamoureux (1920-2011)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Loup et l'Agneau</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Le-Loup-et-l-Agneau</link>
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		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l'allons montrer tout &#224; l'heure. Un Agneau se d&#233;salt&#233;rait Dans le courant d'une onde pure. Un Loup survient &#224; jeun qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Dit cet animal plein de rage : Tu seras ch&#226;ti&#233; de ta t&#233;m&#233;rit&#233;. - Sire, r&#233;pond l'Agneau, que votre Majest&#233; Ne se mette pas en col&#232;re ; Mais plut&#244;t qu'elle consid&#232;re Que je me vas d&#233;salt&#233;rant Dans le courant, Plus de vingt pas (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-LA-FONTAINE-Jean-de-1621-1695-" rel="directory"&gt;LA FONTAINE Jean de (1621-1695)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_557 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L500xH319/le_loup_et_l_agneau-b3017.jpg?1539501863' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La raison du plus fort est toujours la meilleure :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nous l'allons montrer tout &#224; l'heure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Un Agneau se d&#233;salt&#233;rait&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans le courant d'une onde pure.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Un Loup survient &#224; jeun qui cherchait aventure,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et que la faim en ces lieux attirait.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dit cet animal plein de rage :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tu seras ch&#226;ti&#233; de ta t&#233;m&#233;rit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; - Sire, r&#233;pond l'Agneau, que votre Majest&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ne se mette pas en col&#232;re ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais plut&#244;t qu'elle consid&#232;re&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que je me vas d&#233;salt&#233;rant&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans le courant,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et que par cons&#233;quent, en aucune fa&#231;on,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je ne puis troubler sa boisson.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; - Tu la troubles, reprit cette b&#234;te cruelle,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et je sais que de moi tu m&#233;dis l'an pass&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; - Comment l'aurais-je fait si je n'&#233;tais pas n&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Reprit l'Agneau, je tette encor ma m&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; - Si ce n'est toi, c'est donc ton fr&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; - Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Car vous ne m'&#233;pargnez gu&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vous, vos bergers, et vos chiens.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On me l'a dit : il faut que je me venge.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L&#224;-dessus, au fond des for&#234;ts&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Loup l'emporte, et puis le mange,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sans autre forme de proc&#232;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Jean de LA FONTAINE (1621-1695) Fables, I, 10&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Laiti&#232;re et le Pot au lait</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/La-Laitiere-et-le-Pot-au-lait,339</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Perrette sur sa t&#234;te ayant un Pot au lait Bien pos&#233; sur un coussinet, Pr&#233;tendait arriver sans encombre &#224; la ville. L&#233;g&#232;re et court v&#234;tue elle allait &#224; grands pas ; Ayant mis ce jour-l&#224;, pour &#234;tre plus agile, Cotillon simple, et souliers plats. Notre laiti&#232;re ainsi trouss&#233;e Comptait d&#233;j&#224; dans sa pens&#233;e Tout le prix de son lait, en employait l'argent, Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couv&#233;e ; La chose allait &#224; bien par son soin diligent. Il m'est, disait-elle, facile, D'&#233;lever des poulets autour de ma (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-LA-FONTAINE-Jean-de-1621-1695-" rel="directory"&gt;LA FONTAINE Jean de (1621-1695)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_556 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L500xH774/la_laitiere_et_le_pot_au_lait-251a8.jpg?1539360169' width='500' height='774' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Perrette sur sa t&#234;te ayant un Pot au lait&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bien pos&#233; sur un coussinet,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pr&#233;tendait arriver sans encombre &#224; la ville.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L&#233;g&#232;re et court v&#234;tue elle allait &#224; grands pas ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ayant mis ce jour-l&#224;, pour &#234;tre plus agile,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cotillon simple, et souliers plats.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre laiti&#232;re ainsi trouss&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comptait d&#233;j&#224; dans sa pens&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout le prix de son lait, en employait l'argent,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couv&#233;e ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La chose allait &#224; bien par son soin diligent.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il m'est, disait-elle, facile,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D'&#233;lever des poulets autour de ma maison :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Renard sera bien habile,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le porc &#224; s'engraisser co&#251;tera peu de son ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il &#233;tait quand je l'eus de grosseur raisonnable :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et qui m'emp&#234;chera de mettre en notre &#233;table,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vu le prix dont il est, une vache et son veau,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Perrette l&#224;-dessus saute aussi, transport&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couv&#233;e ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sa fortune ainsi r&#233;pandue,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Va s'excuser &#224; son mari&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En grand danger d'&#234;tre battue.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le r&#233;cit en farce en fut fait ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On l'appela le Pot au lait.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Quel esprit ne bat la campagne ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qui ne fait ch&#226;teaux en Espagne ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Picrochole, Pyrrhus, la Laiti&#232;re, enfin tous,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Autant les sages que les fous ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une flatteuse erreur emporte alors nos &#226;mes :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout le bien du monde est &#224; nous,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tous les honneurs, toutes les femmes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quand je suis seul, je fais au plus brave un d&#233;fi ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je m'&#233;carte, je vais d&#233;tr&#244;ner le Sophi ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; On m'&#233;lit roi, mon peuple m'aime ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les diad&#232;mes vont sur ma t&#234;te pleuvant :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelque accident fait-il que je rentre en moi-m&#234;me ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je suis gros Jean comme devant.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Jean de LA FONTAINE (1621-1695) Fables, VII, 9&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les deux Pigeons</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Les-deux-Pigeons</link>
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		<dc:date>2015-04-30T16:13:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. L'un d'eux s'ennuyant au logis Fut assez fou pour entreprendre Un voyage en lointain pays. L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ? Voulez-vous quitter votre fr&#232;re ? L'absence est le plus grand des maux : Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux, Les dangers, les soins du voyage, Changent un peu votre courage. Encor si la saison s'avan&#231;ait davantage ! Attendez les z&#233;phyrs. Qui vous presse ? Un corbeau Tout &#224; l'heure annon&#231;ait malheur &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_546 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L200xH138/2PigeonsIII-6a07b.jpg?1539457152' width='200' height='138' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'un d'eux s'ennuyant au logis&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fut assez fou pour entreprendre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Un voyage en lointain pays.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Voulez-vous quitter votre fr&#232;re ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'absence est le plus grand des maux :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les dangers, les soins du voyage,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Changent un peu votre courage.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Encor si la saison s'avan&#231;ait davantage !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Attendez les z&#233;phyrs. Qui vous presse ? Un corbeau&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout &#224; l'heure annon&#231;ait malheur &#224; quelque oiseau.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je ne songerai plus que rencontre funeste,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que Faucons, que r&#233;seaux. H&#233;las, dirai-je, il pleut :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mon fr&#232;re a-t-il tout ce qu'il veut,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bon soup&#233;, bon g&#238;te, et le reste ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ce discours &#233;branla le coeur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De notre imprudent voyageur ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais le d&#233;sir de voir et l'humeur inqui&#232;te&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'emport&#232;rent enfin. Il dit : Ne pleurez point :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Trois jours au plus rendront mon &#226;me satisfaite ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je reviendrai dans peu conter de point en point&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mes aventures &#224; mon fr&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je le d&#233;sennuierai : quiconque ne voit gu&#232;re&lt;/li&gt;&lt;li&gt; N'a gu&#232;re &#224; dire aussi. Mon voyage d&#233;peint&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vous sera d'un plaisir extr&#234;me.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je dirai : J'&#233;tais l&#224; ; telle chose m'avint ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vous y croirez &#234;tre vous-m&#234;me.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#192; ces mots en pleurant ils se dirent adieu.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le voyageur s'&#233;loigne ; et voil&#224; qu'un nuage&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'oblige de chercher retraite en quelque lieu.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maltraita le Pigeon en d&#233;pit du feuillage.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'air devenu serein, il part tout morfondu,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S&#232;che du mieux qu'il peut son corps charg&#233; de pluie,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans un champ &#224; l'&#233;cart voit du bl&#233; r&#233;pandu,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Voit un pigeon aupr&#232;s ; cela lui donne envie :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il y vole, il est pris : ce bl&#233; couvrait d'un las,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les menteurs et tra&#238;tres appas.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le las &#233;tait us&#233; ! si bien que de son aile,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quelque plume y p&#233;rit ; et le pis du destin&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fut qu'un certain Vautour &#224; la serre cruelle&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vit notre malheureux, qui, tra&#238;nant la ficelle&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et les morceaux du las qui l'avait attrap&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Semblait un for&#231;at &#233;chapp&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le vautour s'en allait le lier, quand des nues&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fond &#224; son tour un Aigle aux ailes &#233;tendues.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Pigeon profita du conflit des voleurs,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S'envola, s'abattit aupr&#232;s d'une masure,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Crut, pour ce coup, que ses malheurs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Finiraient par cette aventure ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais un fripon d'enfant, cet &#226;ge est sans piti&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'&#224; moiti&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La volatile malheureuse,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qui, maudissant sa curiosit&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tra&#238;nant l'aile et tirant le pi&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Demi-morte et demi-boiteuse,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit au logis s'en retourna.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que bien, que mal, elle arriva&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sans autre aventure f&#226;cheuse.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Voil&#224; nos gens rejoints ; et je laisse &#224; juger&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De combien de plaisirs ils pay&#232;rent leurs peines.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que ce soit aux rives prochaines ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Soyez-vous l'un &#224; l'autre un monde toujours beau,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toujours divers, toujours nouveau ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J'ai quelquefois aim&#233; ! je n'aurais pas alors&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Contre le Louvre et ses tr&#233;sors,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Contre le firmament et sa vo&#251;te c&#233;leste,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Chang&#233; les bois, chang&#233; les lieux&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Honor&#233;s par les pas, &#233;clair&#233;s par les yeux&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De l'aimable et jeune Berg&#232;re&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour qui, sous le fils de Cyth&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je servis, engag&#233; par mes premiers serments.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; H&#233;las ! quand reviendront de semblables moments ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Me laissent vivre au gr&#233; de mon &#226;me inqui&#232;te ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ah ! si mon coeur osait encor se renflammer !&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ne sentirai-je plus de charme qui m'arr&#234;te ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ai-je pass&#233; le temps d'aimer ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Jean de LA FONTAINE (1621-1695), Fables, IX, 2&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_547 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L300xH416/deupige2-4a4a5.jpg?1539457152' width='300' height='416' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'auberge</title>
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		<dc:date>2014-04-24T08:34:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il &#233;tait de passage, il le savait d&#233;j&#224;, Dans le temps qui passait pour tenir ce qui passe, Mais qu'a-t-on jamais pu saisir qui ne pass&#226;t ? Tout ce qu'il contemplait n'&#233;tait pas &#224; l'espace, Et pourtant devant lui, tout l'espace &#233;tait l&#224;. Le lit de l'&#201;ternel remplissait l'&#233;ph&#233;m&#232;re, Sans cesse y demeurant sans jamais s'arr&#234;ter, Il l'atteignait enfin, et voyait, projet&#233; De ce contre-courant fatal de la lumi&#232;re, Le jour du Sanctuaire o&#249; le Saint habitait. Tant qu'il ne serait pas charg&#233; d'intol&#233;rable, Ni r&#233;duit au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-La-Tour-du-Pin-1911-1975-" rel="directory"&gt;LA TOUR DU PIN Patrice de (1911-1975)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_480 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L500xH350/Pieter-the-Elder-Bruegel---Noce-campagnarde---164-x-114-cm-352f0.jpg?1539412259' width='500' height='350' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Il &#233;tait de passage, il le savait d&#233;j&#224;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans le temps qui passait pour tenir ce qui passe,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais qu'a-t-on jamais pu saisir qui ne pass&#226;t ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout ce qu'il contemplait n'&#233;tait pas &#224; l'espace,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et pourtant devant lui, tout l'espace &#233;tait l&#224;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le lit de l'&#201;ternel remplissait l'&#233;ph&#233;m&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sans cesse y demeurant sans jamais s'arr&#234;ter,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il l'atteignait enfin, et voyait, projet&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De ce contre-courant fatal de la lumi&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le jour du Sanctuaire o&#249; le Saint habitait.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Tant qu'il ne serait pas charg&#233; d'intol&#233;rable,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ni r&#233;duit au balbutiement de la douleur,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourrait-il sur le bord du cours in&#233;puisable&lt;/li&gt;&lt;li&gt; B&#226;tir l'auberge qu'il r&#234;vait, offrir sa table&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Aux voyageurs perdus dans le vague et la peur ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Tenir toute raison de ce jour de la gr&#226;ce&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour fonder sa maison sur des sables tremblants,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais affermis, scell&#233;s par l'&#201;ternel qui passe ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et puis quand ce sera son heure, doucement&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S'ab&#238;mer dans le m&#234;me &#201;ternel, sans angoisse&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;gende</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Legende,277</link>
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		<dc:date>2014-04-24T08:32:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Va dire &#224; ma ch&#232;re Ile, l&#224;-bas, tout l&#224;-bas, Pr&#232;s de cet obscur marais de Foulc, dans la lande, Que je viendrai vers elle ce soir, qu'elle attende, Qu'au lever de la lune elle entendra mon pas. Tu la trouveras baignant ses pieds sous les rouches, Les cheveux d&#233;nou&#233;s, les yeux clos &#224; demi, Et na&#239;ve, tenant une main sur la bouche, Pour ne pas r&#233;veiller les oiseaux endormis. Car les marais sont tout embu&#233;s de l&#233;gende, Comme le ciel que l'on d&#233;couvre dans ses yeux, Quand ils boivent la bonne lune sur la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-La-Tour-du-Pin-1911-1975-" rel="directory"&gt;LA TOUR DU PIN Patrice de (1911-1975)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_481 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/P2R-030610-ile-et-saule-b4deb.jpg?1539464869' width='500' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Va dire &#224; ma ch&#232;re Ile, l&#224;-bas, tout l&#224;-bas,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pr&#232;s de cet obscur marais de Foulc, dans la lande,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que je viendrai vers elle ce soir, qu'elle attende,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'au lever de la lune elle entendra mon pas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Tu la trouveras baignant ses pieds sous les rouches,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les cheveux d&#233;nou&#233;s, les yeux clos &#224; demi,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et na&#239;ve, tenant une main sur la bouche,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour ne pas r&#233;veiller les oiseaux endormis.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Car les marais sont tout embu&#233;s de l&#233;gende,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comme le ciel que l'on d&#233;couvre dans ses yeux,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quand ils boivent la bonne lune sur la lande&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ou les vents tristes qui d&#233;valent des Hauts-Lieux.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Dis-lui que j'ai pass&#233; des aubes merveilleuses&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A guetter les oiseaux qui revenaient du nord,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Si pr&#232;s d'elle, &#233;tendue &#224; mes pieds et frileuse&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comme une petite sauvagine qui dort.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Dis-lui que nous voici vers la fin de septembre,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que les hivers sont durs dans ces pays perdus,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que devant la crois&#233;e ouverte de ma chambre,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De grands fouillis de fleurs sont toujours r&#233;pandus.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Annonce-moi comme un proph&#232;te, comme un prince,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comme le fils d'un roi d'au-del&#224; de la mer ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dis-lui que les parfums inondent mes provinces&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et que les Hauts-Pays ne souffrent pas l'hiver.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Dis-lui que les balcons ici seront fleuris,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'elle se baignera dans les &#233;tangs sans fi&#232;vre,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais que je voudrais voir dans ses yeux assombris&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le sauvage secret qui se meurt sur ses l&#232;vres,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; L'&#233;nigme d'un regard de pure transparence&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et qui brille parfois du fascinant &#233;clair&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des grands initi&#233;s aux jeux de connaissance&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et des couleurs du large, sous les cieux d&#233;serts...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfants de septembre</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Enfants-de-septembre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://silvestre-baudrillart.fr/Enfants-de-septembre</guid>
		<dc:date>2014-04-24T08:27:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#224; Jules Supervielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bois &#233;taient tout recouverts de brumes basses, D&#233;serts, gonfl&#233;s de pluie et silencieux ; Longtemps avait souffl&#233; ce vent du Nord o&#249; passent Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux, Par grands voiliers, le soir, et tr&#232;s haut dans l'espace J'avais senti siffler leurs ailes dans la nuit, Lorsqu'ils avaient baiss&#233; pour chercher les ravines O&#249; tout le jour, peut-&#234;tre, ils resteront enfouis ; Et cet appel inconsol&#233; de sauvagine Triste, sur les marais que les oiseaux ont fuis. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-La-Tour-du-Pin-1911-1975-" rel="directory"&gt;LA TOUR DU PIN Patrice de (1911-1975)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_482 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/TRA129-c7e93.jpg?1539458982' width='500' height='500' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#224; Jules Supervielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les bois &#233;taient tout recouverts de brumes basses,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;serts, gonfl&#233;s de pluie et silencieux ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Longtemps avait souffl&#233; ce vent du Nord o&#249; passent&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par grands voiliers, le soir, et tr&#232;s haut dans l'espace&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; J'avais senti siffler leurs ailes dans la nuit,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lorsqu'ils avaient baiss&#233; pour chercher les ravines&lt;/li&gt;&lt;li&gt; O&#249; tout le jour, peut-&#234;tre, ils resteront enfouis ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et cet appel inconsol&#233; de sauvagine&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Triste, sur les marais que les oiseaux ont fuis.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Apr&#232;s avoir surpris le d&#233;gel de ma chambre,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A l'aube, je gagnai la lisi&#232;re des bois ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Par une bonne lune de brouillard et d'ambre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je relevai la trace, incertaine parfois,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sur le bord du layon, d'un enfant de Septembre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les pas &#233;taient l&#233;gers et tendres, mais brouill&#233;s,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ils se croisaient d'abord au milieu des orni&#232;res&lt;/li&gt;&lt;li&gt; O&#249; dans l'ombre, tranquille, il avait essay&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De boire, pour reprendre ses jeux solitaires&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tr&#232;s tard, apr&#232;s le long cr&#233;puscule mouill&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Et puis, ils se perdaient plus loin parmi les h&#234;tres&lt;/li&gt;&lt;li&gt; O&#249; son pied ne marquait qu'&#224; peine sur le sol ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je me suis dit : il va s'en retourner peut-&#234;tre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A l'aube, pour chercher ses compagnons de vol,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En tremblant de la peur qu'ils aient pu dispara&#238;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Il va certainement venir dans ces parages&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A la demi-clart&#233; qui monte &#224; l'orient,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Avec les grandes bandes d'oiseaux de passage,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et les cerfs inquiets qui cherchent dans le vent&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'heure d'abandonner le calme des gagnages.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le jour glacial s'&#233;tait lev&#233; sur les marais ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je restais accroupi dans l'attente illusoire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Regardant d&#233;filer la faune qui rentrait&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans l'ombre, les chevreuils peureux qui venaient boire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et les corbeaux criards, aux cimes des for&#234;ts.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Et je me dis : je suis un enfant de Septembre,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Moi-m&#234;me, par le coeur, la fi&#232;vre et l'esprit,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et la br&#251;lante volupt&#233; de tous mes membres,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et le d&#233;sir que j'ai de courir dans la nuit&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sauvage, ayant quitt&#233; l'&#233;touffement des chambres.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Il va certainement me traiter comme un fr&#232;re,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-&#234;tre me donner un nom parmi les siens ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mes yeux le combleraient d'amicales lumi&#232;res&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S'il ne prenait pas peur, en me voyant soudain&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les bras ouverts, courir vers lui dans la clairi&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Farouche, il s'enfuira comme un oiseau bless&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je le suivrai jusqu'&#224; ce qu'il demande gr&#226;ce,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jusqu'&#224; ce qu'il s'arr&#234;te en plein ciel, &#233;puis&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Traqu&#233; jusqu'&#224; la mort, vaincu, les ailes basses,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et les yeux r&#233;sign&#233;s &#224; mourir, abaiss&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Alors, je le prendrai dans mes bras, endormi,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je le caresserai sur la pente des ailes,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et je ram&#232;nerai son petit corps, parmi&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les roseaux, r&#234;vant &#224; des choses irr&#233;elles,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;chauff&#233; tout le temps par mon sourire ami...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Mais les bois &#233;taient recouverts de brumes basses&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et le vent commen&#231;ait &#224; remonter au Nord,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Abandonnant tous ceux dont les ailes sont lasses,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tous ceux qui sont perdus et tous ceux qui sont morts,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qui vont par d'autres voies en de m&#234;mes espaces !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Et je me suis dit : Ce n'est pas dans ces pauvres landes&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que les enfants de Septembre vont s'arr&#234;ter ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Un seul qui se serait &#233;cart&#233; de sa bande&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Aurait-il, en un soir, compris l'atrocit&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De ces marais d&#233;serts et priv&#233;s de l&#233;gende ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Amphise</title>
		<link>https://silvestre-baudrillart.fr/Amphise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://silvestre-baudrillart.fr/Amphise</guid>
		<dc:date>2014-04-24T08:25:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvestre Baudrillart</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je sortais de moi lentement, Je fus pris dans un beau vent souple Chaud comme un naseau de jument Et velout&#233; comme sa croupe. Et tous les regards forestiers, Perles de givre dans les branches Ou tapis comme les pervenches Me regardaient qui m'&#233;loignais. Ils m'en voulaient de cette fuite, Car j'abandonnais ma for&#234;t Intime et sourcilleuse et triste Pour un beau vent bien moins secret. Ils me reprochaient mon envol, Leurs yeux me per&#231;aient durement, Mais le vent baissa jusqu'au sol Et moi j'ai (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://silvestre-baudrillart.fr/-La-Tour-du-Pin-1911-1975-" rel="directory"&gt;LA TOUR DU PIN Patrice de (1911-1975)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_483 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://silvestre-baudrillart.fr/local/cache-vignettes/L500xH397/14-Rene-Magritte-The-Kiss-1951-4d6d5.jpg?1539464835' width='500' height='397' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Je sortais de moi lentement,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Je fus pris dans un beau vent souple&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Chaud comme un naseau de jument&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et velout&#233; comme sa croupe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et tous les regards forestiers,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Perles de givre dans les branches&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ou tapis comme les pervenches&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Me regardaient qui m'&#233;loignais.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ils m'en voulaient de cette fuite,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Car j'abandonnais ma for&#234;t&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Intime et sourcilleuse et triste&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour un beau vent bien moins secret.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ils me reprochaient mon envol,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Leurs yeux me per&#231;aient durement,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais le vent baissa jusqu'au sol&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et moi j'ai enfourch&#233; le vent...&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Celui qui passe les limites&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Des &#226;mes d'hommes interdites&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Jusque l&#224; par manque d'amour,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Celui qui se gorge d'espace&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et celui du lit de la Gr&#226;ce&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans sa croisi&#232;re au plus long cours.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mais comme il emportait au corps&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les relents de toute contr&#233;es,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D'un coup je tirai sur son mors&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et retournai vers ma for&#234;t,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Galopai sa plus longue laie&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fis un grand courant d'air dor&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; O&#249; me suivaient biches et cerfs,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tendis les branches violemment,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Entra&#238;nai tout dans mon &#233;lan,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ma for&#234;t qui devenait blonde&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comme le soleil l'animait ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Et j'ai chevauch&#233; sur le monde&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Porteur de tout ce que j'aimais...&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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